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C'était supposé être
une belle période de ma vie - (Témoignages de
mères aux prises avec un trouble de lhumeur post-partum)
Je vivais à Montréal, entourée
d'amis et de ma famille, lorsque mon premier enfant est né.
Quelle expérience formidable! Lorsque ma fille a eu
un an, je suis tombée enceinte de son frère.
C'est à ce moment que mon mari et moi avons décidé
de déménager à Mississauga pour être
plus près de son nouvel emploi. C'était moi
qui avais pris la décision. Ce déménagement
allait me permettre de rester à la maison pendant quelques
années, le temps d'élever mes enfants.
Nous sommes déménagés
en hiver et, au fur et à mesure que ma grossesse avançait,
j'ai commencé à me sentir seule et déprimée.
À la suite de mon accouchement, les choses ne se sont
pas passées aussi bien qu'avec mon premier bébé.
J'ai commencé à avoir des pensées obsessives
sur ce qui arriverait aux enfants si, par exemple, je tombais
et perdais conscience. Je me repliais sur moi-même.
Je souffrais de toutes sortes de maux qui apparaissaient et
disparaissaient. Je pensais que j'étais en train de
devenir folle. Étant donné que l'idée
de déménager avait été ma décision,
je me disais que c'était de ma faute si j'étais
triste. Je ne pouvais pas en parler à personne. J'avais
deux beaux enfants, un mari aimant et très encourageant,
une belle maison et, surtout, je pouvais rester à la
maison pour élever mes enfants, ce que j'avais toujours
rêvé de faire.
Lorsque mon fils a fêté ses
neuf mois, j'ai commencé à me sentir mieux.
Je faisais des travaux de couture et de décoration.
Ces petits projets me remontaient le moral. Quand il a eu
un an, j'ai joint un groupe de mères de mon quartier.
J'avais hâte d'aller à ces rencontres hebdomadaires.
C'est lors d'une de ces rencontres qu'une infirmière
locale nous a parlé de la dépression post-partum.
C'est à ce moment que je me suis rendu compte que c'était
probablement ce qui m'était arrivée et que j'avais
souffert en silence pour rien; j'aurais pu avoir de l'aide
si j'en avais parlé à quelqu'un. J'ai donc décidé
de ne plus jamais me taire au sujet de la dépression.
J'ai suivi une formation pour travailler au sein d'un réseau
de soutien téléphonique pour les nouvelles mamans.
J'ai travaillé pendant deux ans et demi et j'ai parlé
ouvertement de dépression avec d'autres femmes.
Lorsque mes enfants ont eu quatre ans et
deux ans respectivement, je suis tombée enceinte de
mon troisième. À la 14e semaine de grossesse,
les mauvais sentiments ont commencé à refaire
surface. Cette fois-ci, j'ai consulté immédiatement
mon médecin de famille. Je lui ai expliqué ce
que j'avais vécu lors de ma dernière grossesse
et à la suite de l'accouchement. Après m'être
renseignée sur les médicaments qui sont sans
danger pour une femme enceinte, j'ai décidé
de prendre un antidépresseur autour de ma 18e semaine
de grossesse. Je l'ai pris jusqu'à ce que mon bébé
ait six mois. Ça été comme le jour et
la nuit! Si je n'avais qu'un seul message à transmettre
aux nouvelles et futures mamans, ce serait de leur dire de
parler ouvertement de leurs sentiments, qu'elles ne sont pas
seules et qu'il y a de nombreuses personnes qui peuvent les
aider!
Mes enfants ont maintenant 13, 11
et 7 ans respectivement. Depuis la naissance de mon dernier,
je suis obligée de prendre des antidépresseurs
à l'occasion. Dès que je ressens les premiers
symptômes, je me fais soigner immédiatement.
Nous avons une vie familiale heureuse.
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